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Montalivet (33) : le spleen des naturistes

Ce sont les représentants du Collectif de Réflexion sur la Nudité à Euronat qui ont accordé des interviews, mais ADN NATURISME était déjà en projet...

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Publié le 16/08/2013 à 06h00
Par Mathieu Lehot

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Montalivet (33) : le spleen des naturistes

Se promener dans son plus simple appareil n’est plus la règle dans les centres naturistes. Pour les adeptes de la nudité, c’est leur mode de vie qui se trouve menacé.

 

À Euronat, le centre naturiste de Grayan-et-l’Hôpital, Francine Lagrange s’indigne de voir de plus en plus de campeurs habillés. (photo M. L. )

 «C’est notre petit paradis et on ne veut pas qu’il devienne un enfer. » Les mots sont forts. Francine Lagrange ne sait plus comment contenir sa colère. Cette résidente d’Euronat, le camping naturiste de Grayan-et-L’Hôpital, se plaint de voir de plus en plus de gens habillés sur son lieu de vacances. Un phénomène qui a poussé Francine et plusieurs campeurs à former un collectif de « Réflexion sur la nudité à Euronat », l’été dernier, pour réagir à ce qu’ils appellent la « textilisation » de leur centre naturiste.

Souvent raillé et regardé bizarrement par les non initiés, le naturisme est à l’origine un mouvement humaniste. Il s’agit d’un mode de vie goûté par des hommes et des femmes qui voient dans cette pratique, un retour à la nature loin de l’individualisme et du matérialisme du monde extérieur. « À travers la nudité en commun, il y a des rapports à l’autre très différents qui se créent. Les barrières sociales tombent et les regards changent. L’apparence des uns et des autres n’a plus d’importance. Que l’on soit handicapé, gros ou moches, on se sent libre », explique Paul, un résident d’Euronat.

Les temps ont changé

Or depuis quelques années, les naturistes semblent rattrapés par cette société dont ils cherchent à prendre des vacances. Au Centre héliomarin de Montalivet (CHM), berceau du naturisme, les temps ont changé depuis l’arrivée des premiers « Robinson », en 1950. « À l’époque nous n’avions ni l’eau, ni l’électricité. On vivait simplement dans nos tentes, en famille », raconte Gilberte Dussac, 94 ans, l’une des pionnières du CHM avec feu son mari Alix. Une image qui semble bien éloignée de la réalité actuelle à la vue des bungalows hyper sophistiqués qui poussent un peu partout dans le CHM. Le lieu est lui-même devenu la proie de groupes aux intérêts financiers ces dernières années. En 2002, la Socnat, la société gestionnaire du CHM, a été rachetée par l’homme d’affaire François Cros, avant de changer à nouveau de main en 2011. Date à laquelle le groupe de Promotion immobilière et d’hôtellerie de plein air Promeo a pris une participation majoritaire de 56 % dans la Socnat.

Un phénomène global

Le nouveau propriétaire avait été accueilli d’un bon œil par les naturistes du CHM, dont certains avaient été choqués par les pratiques commerciales de François Cros. « C’était devenu invivable. On voyait arriver des vacanciers qui ne partageaient pas les valeurs du naturisme. Beaucoup de gens restaient habillés. Depuis l’arrivée de Promeo et la nomination de Stéphane Barde à la tête du CHM, on se sent écouté et la nudité est mieux respectée », affirme Jocelyne Bréant, vice-présidente de l’association des Amis naturistes de Monta. Un avis que ne partage pas totalement Gilles Kerpen, du collectif pour la Préservation de l’espace naturiste (CPEN), un groupement qui s’est formé spontanément l’été dernier pour protester contre un projet d’implantation de 120 antennes Wi-Fi dans le CHM. « C’est vrai qu’aujourd’hui, le dialogue a été restauré avec la direction. Mais cela ne change pas le fait que les valeurs naturistes continuent de se dilater dans le temps », regrette Gilles Kerpen.

À Euronat, Francine Lagrange dit souffrir de ce changement des mentalités. « L’autre jour, j’ai croisé une femme habillée qui marchait avec ses enfants, sur le camping. Moi j’étais nue. Quand elle m’a aperçue, elle a demandé à ses enfants de baisser la tête et de ne pas me regarder. C’était humiliant », raconte Francine. L’été dernier, le collectif de réflexion sur la nudité à Euronat a fait circuler une pétition pour que la nudité devienne une obligation, qui a récolté plus de 1 000 signatures. Sans plus de résultat auprès de la direction. Une nouvelle pétition a donc été lancée cet été.

Mais Jean-Michel Lorefice, le directeur d’Euronat, refuse d’envisager la possibilité d’interdire à ses clients de s’habiller. « Ça poserait des problèmes juridiques à mes yeux. Comment peut-on obliger quelqu’un à se mettre nu s’il n’en a pas envie. Pour moi, ce qu’on vit actuellement à Euronat est un phénomène commun à la plupart des centres naturistes. L’époque où les premiers naturistes vivaient comme des Robinson au milieu de la forêt est révolue. Le confort et les équipements se sont développés. Et les comportements ont suivi le même chemin. Personnellement je considère que le naturisme ne se limite pas à la nudité », explique le directeur d’Euronat.

 



18/08/2013
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